Actualité sécheresse, état critique de plusieurs cours d'eau

La quasi-absence de précipitations sur la plus grande partie du bassin au cours du mois de juillet (seulement 8 mm à Bourges ou 3.4 mm à Vierzon au 24 juillet) ainsi qu'une très forte évaporation des sols couplée à l'évapotranspiration de la végétation (8 à 11 mm/jours certains jours), les niveaux des nappes continuent leurs baisses et les cours d'eau atteignent les débits les plus bas connus sur plusieurs linéaires comme l'Yèvre en aval de Bourges avec un débit de 0.6m3/s fin juillet, bien au deçà des 1.1m3/s mesuré à Saint-Doulchard en octobre 2018.


Ainsi, l'Yèvre aval a été le bassin passant en premier le seuil de crise, situation inhabituelle pour cette partie du bassin qui supporte généralement assez bien les étiages sévères. La partie amont de l'Yèvre, avec l'Ouatier, maintenait un débit faible mais stable jusqu'à mi-juillet puis connait une baisse progressive et inexorable jusqu'à un stade critique actuel de quelques dizaines de litres/s sur l'Yèvre amont comme sur l'Ouatier à Maubranche. La rupture des écoulements sur la station de Savigny-en-Septaine sera probablement atteinte au cours des premiers jours du mois d'août.


Des ruptures d'écoulements sont actuellement observées sur de nombreuses tronçons comme le Barangeon et la Guette à Mery-es-Bois ou l'Yèvre amont jusqu'en amont des marais classés de la Voiselle qui ne connaissent actuellement plus d'alimentation par les cours d'eau pour la partie dite "des marais du haut" maintenus par la digue de l'Yèvre et les ouvrages hydrauliques des 4 et 2 pelles.


Actuellement, l'ensemble des usages de la ressource sont sous tension, la biodiversité des milieux aquatiques subit également ces conditions extrêmes, Le faible taux d'oxygène dissout lié à la hausse de la température, ainsi qu'à la concentration des eaux en nutriments ou molécules toxiques provoquent ainsi des mortalités piscicoles. Certaines populations sensibles, déjà fragilisées par la pression exercée par les espèces exotiques et autres, peu résilientes, comme l'écrevisse à patte blanche, espèce autochtone uniquement présente sur quelques rares têtes de bassins de quelques affluents de l'Yèvre risquent d'y disparaître définitivement avec la persistance de ces conditions.


Enfin, des précautions sont à prendre vis-à-vis d'éventuels développement de cyanobactéries benthiques (en rivières), l'Agence Régionale de Santé sensibilise sur les risques d'intoxications liés : Affiche ARS : sensibilisation cyanobactéries


Cellule sécheresse du 22 juillet 2019


Mortalité piscicole à Villabon sur le Villabon (crédit photo : commune de Villabon)

L'Yèvre à Fenetrelay le 29 juillet (St-Germain-du-Puy-Bourges)

L'Yèvre à Fenetrelay le 29 juillet (St-Germain-du-Puy-Bourges)

Archives