L'anguille, considérée en danger critique d'extinction, étudiée sur le bassin du Cher et l'Yèvre.

Avec l'accompagnement local des syndicats de rivières, dont le SIVY, l'Etablissement Public Loire étudie depuis 2019 la densité et le comportement des Anguilles européennes vis à vis des ouvrages hydrauliques sur le bassin du Cher, ainsi que plusieurs affluents dont l'Yèvre, de Vierzon à Mehun-sur-Yèvre. Ces mesures complètent 45 années de données sur cette espèce, encore présente aujourd'hui sur tous les principaux cours d'eau du bassin du Cher, mais dont les populations chutes d'années en années. Cette baisse des effectifs, multifactorielle, est généralisée au point que l'espèce est désormais « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature.


Cette espèce possède un cycle biologique passionnant, il s'agit d'une espèce migratrice dite "amphihaline" (entre eaux douce et mer). Arrivée à un certain âge, l'Anguille dévale les cours d'eau jusqu'à la mer, ou sa morphologie évolue, lui permettant de traverser l'Océan Atlantique pour pondre en mer des Sargasses, les larves se transformant en Civelles (transparentes) sont amenées par le Gulf Stream jusqu'au plateau continental européen, où elles reprennent le chemin des eaux douces (Civelles pigmentées) jusqu'à nos rivières (Anguilles jaunes) où elles séjourneront pendant plusieurs années.


En 2019 et 2020 près de 70 stations ont été relevées sur le bassin du Cher, où les anguilles étaient identifiées par pêches électriques, analysées (biométrie), puis remise à l'eau.


5 secteurs sur l'Yèvre ont fait l'objet de 10 pêches scientifiques, en 2019 & 2020, où 138 anguilles ont été observées : l'Abattoir, (Vierzon), Dournon-Forges (Vierzon), Crécy & ouvrage de la Laiterie (Mehun-sur-Yèvre). Les conclusions mentionnent une quantité très faible d'individus à partir du barrage de l'Abattoir, bloquant une partie des juvéniles en migration active, et un vieillissement de la population en allant vers l'amont du cours d'eau.


Des lâchés d'Anguilles avaient été réalisés par le Conseil Supérieur de la Pêche, dans l'Yèvrette (à Bourges-Osmoy), dans les années 1990, ce qui a longtemps fait penser localement, par défaut, qu'une population importante et vigoureuse subsistait dans cette partie du bassin.


À noter que des Anguilles ont été observées au moulin Bablou (Allouis), en cycle de dévalaison, aux premières augmentations des débits hivernaux de décembre 2020, et que l'ouvrage de l'Abattoir fait actuellement l'objet d'un projet de passe à bassins/poissons, dans le cadre d'un projet hydro-électrique.


Retrouvez le rapport d'étude des prospections 2020 : ICI


Analyse biométrique
Pêche électrique dans l'Yèvre à Vierzon
Bilan 2019 - 2020

Archives